Bien que l’exploitation du fer aux alentours de  cette commune de Belledonne soit bien plus ancienne, les premiers documents écrits relatant l’activité minière de la région remontent au 11èmesiècle. Chacun pouvait exploiter pour ses propres besoins les richesses du sous sol. D’abord par fosses, au niveau des affleurements de minerai avec la surface du sol. Il s’agit de filon de sidérite fortement altéré mais constitué de 60% de fer, appelé « mine douce ». Un bas fourneau, situé prés de la mine, sans atteindre complètement la température de fusion, permettait tout de même d’obtenir un grossier bloc de fer (le massot). Les nombreuses impuretés étaient alors progressivement éliminées par forgeage. La forêt d’Allevard et encore couverte en de nombreux endroits par ces scories grossièrement fondus. Ces fosses, bien que facilement accessibles se sont rapidement épuisées. Il a fallu chercher la sidérite plus profondément. La gestion des venues d’eau du sol ou de précipitation, nécessita de remplacer les fosses par une exploitation en galeries.

Avec le temps les procédés n’ont de cesse de se perfectionner. Après le 15èmesiècle, on évolue progressivement vers l’utilisation des haut-fourneaux et la filière indirecte produisant la fonte.

En 1875 la déforestation entraina le remplacement  du charbon de bois par la coke dans les fours. A la fin du 19ème, Shneider réalise à Allevard une exploitation industrielle moderne. La production de minerai dépasse alors les 50 000 tonnes par ans, alimentant les haut-fourneaux d’Allevard. Le pic de production a été atteint en 1894 avec 60 000 tonnes et 451 ouvriers. En 1920 ils n’étaient plus que 6…

Pendant cette période, deux minerais ont été exploité en profondeur : le minerai « Rive », très apprécié, riche en manganèse, convenant bien à la fabrication de l’acier, et le minerai « Maillat » contenant du magnésium et moins de manganèse. 

Sur la concession de la Taillat (la plus importante), deux travers banc furent creusés pour rejoindre les filons. En surface, trois plans inclinés de 500m de longueur chacun, reliaient les travers banc pour descendre le minerai à Champ Sappey. Ils fonctionnaient par  gravité. Le remplissage de la benne à partir de bassin d’eau permettait de monter matériel et mineur (bassin encore visible en face des restes du travers banc Ste Madeleine par exemple) .

Aujourd’hui encore, on ne peut pas parcourir 200m dans la forêt sans trouver de nombreuses traces et vestiges d’exploitations.

Par contre, il ne reste presque rien de visible des exploitations souterraines. Le terrain constitué de micaschistes très faillé, a entrainé de nombreux effondrements fermant l’accès à toutes les galeries, même les plus récentes. Des travaux pour étude ont été entrepris dans les années 70. Malgré un équipement important et une motivation impressionnante, ils ont du être abandonnés avant d’atteindre les filons exploités à l’époque.